( Articles de presse )
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Infectious Grooves


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( Extrait du magazine "Guitar Part" (n°66 - Septembre 1999). )

Depuis Hillel Slovak, les Californiens ont usé un nombre record de guitaristes, tous plus originaux les uns que les autres. Cette fois, c'est au tour de John Frusciante, parti dans la foulée de « Blood Sugar », de relever le flambeau. L'occasion de passer en revue ces six-cordistes qui ont fait les beaux jours des Red Hot.

HILLEL SLOVAK

Né Hillel Slovak à Haifa, en Israël le 13 avril 1962.

Premier guitariste et membre fondateur des Peppers, il est aussi celui qui a fait de Michael Balzary (aka Flea), alors trompettiste de jazz accompli, le bassiste le plus funk du rock. « Hillel a changé ma vie. S'il n'avait pas été là, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui, c'est lui qui m'a fait découvrir le rock. »

Issus du lycée de Fairfax à Los Angeles, les quatre Peppers alors âgés de quinze ans (Jack Irons, Flea, Anthony Kiedis et Hillel Slovak) s'essaient, parallèlement aux RHCP, nom emprunté au quintette de Louis Amstrong dans les années 1920, à différentes aventures musicales plutôt violentes : Flea fait partie du groupe hardcore Fear, tandis que Jack Irons et Hillel Slovak ont monté leur groupe, What Is This ?. Cela les empêche donc de participer à l'enregistrement du tout premier Red Hot. Ils sont remplacés par Jack Sherman à la guitare et Cliff Martinez à la batterie. Hillel rejoint néanmoins les RHCP en 1985, pour l'enregistrement de « Freakey Styley » (produit par George Clinton) suivi par Jack Irons en 1986. Alors que le groupe prend de l'ampleur, même si les ventes de disques ne sont pas encore au rendez-vous, Hillel Slovak devient accro à l'héroïne, à tel point qu'il est parfois incapable d'assurer les concerts. Cette "fâcheuse habitude" fait hélas partie de la saga Red Hot. Hillel Slovak en mourra, le 27 juin 1988, laissant derrière lui trois Peppers désemparés. Jack Irons ne supporte pas le choc et laisse tomber le groupe, tandis que Kiedis et Flea reprennent le dessus : « Nous nous sommes aperçus que les RHCP étaient toute notre vie, et qu'il fallait continuer. » Ils se mettent donc en quête d'un nouveau guitariste. Depuis, après les divers changements que l'on sait, une biographie du tout premier Pepper guitariste vient de sortir. Elle est concoctée par le frère de celui-ci, James Slovak, qui a fouillé dans les affaires de Hillel pour en ressortir peintures, photos et journal intime. Anthony Kiedis et Flea y vont même de leurs petits témoignages. Sorti le Ier juillet aux Etats-Unis, le journal de Hillel devrait intéresser le fan collectionneur et nostalgique.

Behind The Music (Slim Skinny Publishing)

JOHN FRUSCIANTE

Né John Frusciante (prononcer à l'américaine, « Frooshontay ») le 5 mars 1970 à New York.

L'actuel guitariste des Peppers est ce que l'on peut appeler un enragé. Pour ce fan de la première heure, l'overdose de Hillel Slovak va représenter l'occasion de rejoindre son groupe préféré, qui est aussi le premier.

Adolescent turbulent, John Frusciante passe sa jeunesse à se masturber et à jouer de la guitare. Frank Zappa est son artiste de référence. Il tente même de se faire recruter dans le groupe de son maître spirituel, mais se dégonfle au dernier moment. Par la suite, il devient un fan acharné des RHCP en assistant à leurs concerts déjantés. A la mort de Hillel Slovak, Anthony Kiedis lui propose de remplacer son idole. Son introduction dans le groupe ne consiste pas simplement en une signature de contrat, les Peppers lui demandent d'exécuter un strip-tease. « Ils ont insisté pour que je leur montre mon pénis en érection ». Il en fallait sans doute davantage pour déstabiliser le jeune Frusciante, qui pour sa part initie les Red Hot à des plaisirs plus scatos. « En collant son nez contre le trou du cul de l'autre quand il pète, on parvient à respirer l'odeur intacte du pet, inaltérée par les molécules d'air » Beurk. A ses débuts avec les Peppers, en tout cas, il est le clone parfait de Hillel Slovak : il bouge et joue comme lui, reproduit ses soli à la virgule près.

Lors du succès planétaire de « Blood Sugar Sex Magik », il se souvient de la question que Hillel Slovak lui avait posé : « Est-ce qu'il continuerait à aimer les Red Hot s'ils devenaient assez populaires pour jouer dans des stades ? » La réponse du jeune Frusciante est : « Non ». Un "non" qui a sans doute joué un grand rôle dans sa démission, avec son addiction à l'héroïne. En très mauvais termes avec Kiedis, il quitte les Red Hot alors que ceux-ci sont sélectionnés comme tête d'affiche de la tournée Lollapalooza. Les RHCP sont obligés de recruter des guitaristes à la va-vite pour le remplacer au pied levé. De son côté, John Frusciante se consacre à la peinture et suit une cure de désintoxication. Aujourd'hui encore, il affirme ne jamais avoir écouté une note de « One Hot Minute » (jaloux ?) Son retour ne se fera que pour « Californication », que Frusciante considère comme la véritable suite de « Blood Sugar ».

DAVE NAVARRO

Né David Michael Navarro à Santa Monica, (Californie) le 7 juin 1967.

Le plus goth de tous les guitaristes des Peppers semble être continuellement à la recherche de nouvelles sensations musicales. Autrefois pierre angulaire des mythiques Jane's Addiction, Navarro a tenté différentes expériences : Deconstruction, les Red Hot puis Spread, son actuel projet, qui est bien plus qu'un groupe de rock.

Dave Navarro est sans doute le guitariste des Chilis qui a le plus de sex-appeal. Et Dieu sait si le sexe est un ingrédient de base dans la cuisine épicée des Red Hot. Cependant, Dave Navarro ne se résume pas à cela. Sa carrière musicale peut paraître instable, au vu du nombre de groupes qu'il a écumés. En fait d'instabilité, il est vrai qu'un événement majeur a marqué son adolescence. Alors que ses parents sont divorcés, Dave assiste à l'assassinat de sa mère et de sa tante, par un ancien boyfriend maladivement jaloux (ou malade tout court). Rien d'étonnant, alors, à ce que sa maison soit décorée d'images morbides (photos de guerre du Vietnam, squelette humain dans sa chambre à coucher décorée de noir). Par ailleurs, si les Chili Peppers ont tous un goût prononcé pour le funk, son style à lui est davantage inspiré des groupes goth anglais des années quatre-vingts, comme The Cure (Robert Smith est son guitariste préféré) et Bauhaus (il a collaboré avec leur guitariste, Daniel Ash). Sa formation musicale est pourtant tout ce qu'il y a de plus classique, puisqu'il a fait ses premières armes sur du Jimi Hendrix (Voodoo Chile est son premier choc musical), puis sur Van Halen et Cream. Cet éclectisme s'exprime pleinement dans les disques de Jane's Addiction, qui pouvaient autant satisfaire un fan de metal qu'un inconditionnel des Talking Heads. Au sein des Peppers, il laisse aussi une marque reconnaissable. « One Hot Minute » est sans doute moins funky, en apparence, que « Blood Sugar Sex Magik » (titre inspiré d'un recueil de philtres d'amour, « Love Magic, Sex Magic », rédigé par une authentique sorcière de Salem). Pourtant, cet album est marqué par la maestria musicale du Californien : en adaptant son style à celui des Peppers, il leur apporte une sensibilité musicale qui s'exprime d'ordinaire de façon plus brutale. Malheureusement, Dave Navarro quitte le groupe officiellement le 3 avril 1998, après cinq années de collaboration. Il semble, selon son propre aveu, qu'il ne se soit jamais vraiment senti à l'aise au sein des Chilis. Un malaise qui transparait même en concert, où il se tient toujours un peu à l'écart du reste du groupe, à l'exception, peut-être, de Chad Smith.

C'est avec lui qu'il forme Spread, en 1997. Ce nouveau groupe n'est à l'origine qu'une façon de tuer le temps en faisant de la musique, mais va bientôt devenir une petite organisation, "Spread Entertainment" : à la fois un groupe, un site web, un livre et un label. Au moment où le projet prend de l'envergure, Chad Smith se retire pour travailler sur le nouveau RHCP. Dave Navarro reste le seul membre de son groupe fantôme, dans lequel il joue de tous les instruments, avec une grosse part d'électronique. Son site, www.6767.com, regroupe toutes les activités de Spread. On peut y commander entre autres la réédition d'un vieux Lou Reed, « Metal Machine Music », sans doute son oeuvre la plus inécoutable, et uniquement sous forme vinyle. Toutes sortes d'informations concernant Dave et Spread y sont disponibles et dûment tenues à jour. Pour plus d'informations, une visite sur le Web s'impose.


par S. Salazar


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